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Oct 29 2015

Une journée bien particulière, une belle journée de manifestation !

Tout se précise quelques jours avant le vendredi 16/10/2015. J’ai dans l’idée que ce vendredi, je vais poser une journée de congés, ce sera chose faite. J’en ai le désir soudain en me rappelant la date : Papa aurait eu 69 ans et j’ai envie de me retrouver seul en me recueillant sur sa tombe.

La veille, je reçois un sms d’alerte du PG78 qui me prévient qu’une manifestation a lieu le jour même à l’hôpital de Meulan : on me demande d’y aller pour savoir ce qu’il en est et de faire ensuite un compte rendu de la situation. Je suis né à Meulan dans cet hôpital, j’y ai pas mal de copains, des amis proches également. Ma mère y a travaillé, de la famille y travaille encore, mon père y a passé les derniers mois de sa vie, son dernier souffle en juin 2014.

Il est tout naturel que je m’y trouve à 14h30 pétantes. A ma grande surprise, je découvre sous les banderoles des syndicats, une multitude de gens.

J’ai constaté les résultats des élections à plusieurs reprises en Île de France, je ne vis pas dans un berceau de la gauche. Tout de suite je me renseigne à droite, à gauche (CFDT, CGT), je confronte les versions, mais je me rends vite compte qu’il y a presque consensus sur la situation de l’hôpital de Meulan qui est en danger de mort.

Même les élus sont tous là en soutien des salariés et des infirmières, ce qui est cocasse et qui fait tache dans le tableau, avec la maire de Meulan et le maire d’Hardricourt étiquette LR ou « les radins » avec le PS au niveau national qui nous prônent à longueur de temps qu’il faut faire des économies dans les services publics.

Tout ce joli monde se mobilise contre la fermeture du service oncologie. D’autres services comme les urgences, les accouchements, le label né à Meulan risquent de disparaître à ma plus grande tristesse, car j’aime cette ville. Le service réanimation survit avec du matériel vétuste, malgré pas mal de fermetures de lits. Lorsque je rendais visite à mon père, je voyais bien que les infirmières étaient débordées, j’en ai des trémolos dans la gorge. Mais le centre hospitalier Meulan – Les Mureaux est sous assistance respiratoire…

Rien n’arrive par hasard, c’est le fruit de décisions politiques, notamment le traité austéritaire Européen signé par Sarkozy et appliqué par Hollande.

Les Meulanais et les citoyens des communes avoisinantes seront désormais obligés d’aller à Poissy où Mantes. L’inverse est aussi vrai : des personnes de Mantes devront venir à Meulan où les Mureaux, car les traitements en fin de vie seront fermés à Mantes.

L’Objectif est de concentrer le minimum de matériel et de compétences dans un seul centre Hospitalier pour limiter les dépenses, avec à terme pour le personnel des licenciements et de la précarité, notamment l’augmentation de CDD qui atteint déjà 20 % à Meulan, ce qui est énorme !

Cet hôpital a toujours un grand potentiel et une qualité de soins reconnu. Si l’on continue dans cette voie, c’est le privé qui va ramasser les morceaux.

Du coup, chacun devra débourser de sa poche pour se faire soigner, est-il normal que l’argent soit un critère ? Seuls ceux qui ont les moyens auront la possibilité de se soigner correctement. Pour moi la santé n’a pas de prix, j’en ai encore plus conscience aujourd’hui après ce qui est arrivé. Certains domaines du service public devraient être protégés par l’Etat. Or la politique qui est faite aujourd’hui, c’est la casse systématique, le manque de moyens donné et c’est les mêmes qui vous pointent du doigt en disant « vous voyez, ça ne marche pas ! ».

On privatise sous les applaudissements de la troïka et autres automates libéraux qui gèrent la politique du pire, de la réforme, celle des rabougris, des donneurs de leçon, où tout doit être une marchandise. Faire de nombreux kilomètres lorsqu’on accouche, lorsqu’ on a un arrêt cardiaque, c’est une attaque contre l’humanité. Où est ma France des droits de l’homme que mon père aimait tant ? Même s’il était portugais sur le papier, son cœur au fil des années est devenu français.

Si l’on continue cette politique, un jour même les cimetières publics fermeront. Si si, ils en sont capables. Je ne pourrai plus me recueillir sur la tombe de mon père, et je me dirai comme le chante un artiste célèbre « papaoutai ». Eh bien, il sera toujours dans mon cœur et dans mes souvenirs, çà ils ne pourront jamais me l’enlever.

A mon niveau, je me dois de faire quelque chose, si chacun s’y met, on informe, on éduque, on explique, ils ne pourront rien faire contre le tsunami du peuple et l’espoir que nous avons tous, enfin je l’espère en un monde meilleur, une France solidaire et fraternelle.

Je rends hommage aux médecins, pompiers, infirmières et salariés de Meulan – Les Mureaux, qui ont tant fait pour mon père.

Victor, un fils d’expatrié portugais

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